Publié le 12 Juin 2016

Confucius' by chaosran

Confucius' by chaosran

Le Wu De (Wou Te) est une notion introduite trés tôt en Chine dans les arts martiaux en lien à l’époque avec les communautés religieuses (Shaolin si) ou des ermites taoistes (Wudang shan).

La compétence et la vertu sont les deux aspects indissociables auxquels devraient aspirer ceux qui cheminent sur la Voie du Kung fu. Le confucianisme apporte un élément essentiel à la richesse des arts martiaux traditionnel. Les valeurs qui sont véhiculées sont loin d’être obsolètes aujourd’hui puisqu’elles contribuent à l’éducation morale du pratiquant.

Le confucianisme accorde une grande importance à la valeur personnelle et l’effort que l’on consacre à perfectionner son état. La vertu d’un homme est bien plus précieuse que sa naissance. Que l’on soit roi, ministre ou simple roturier, c’est la vertu qui fait la véritable noblesse d’un homme. Voici donc les cinq vertus de l’homme noble selon le confucianisme :


- ren (Humanité, bonté ou bienveillance)

Le confucianisme est une philosophie profondément humaniste. Son objectif ultime est l’harmonie sociale. Le Ren s’applique d’autant plus aux puissants qui doivent exercer leur pouvoir avec vertu et modération.


La bienveillance était le fil par excellence dont Confucius soutenait avec insistance qu’il tenait ensemble tous ses enseignements. Bienveillance signifie beaucoup plus qu’un sentiment général de bonnes dispositions envers les autres. Confucius le considérait comme un idéal de conduite admirable et inspirante, presque impossible à atteindre. Il enseignait que la bienveillance était enracinée dans l’amour et les respect que l’on espère que chacun ressent à l’égard de ses parents et de ses aînés et dans la bonté et la tolérance que chacun ressent idéalement à l’égard de ses cadets et d’autres membres de la famille.
Elle inclut aussi le sens de sa propre dignité et du respect de soi-même. Etendue au-delà de la famille, elle devient générosité et bonté à l’égard de ceux dont on est responsable, et une attitude de respect et de déférence à l’égard de ses aînés et supérieurs dans la société, tel que le souverain. Les personnes bienveillantes cherchent toujours à se mettre à la place des autres, de façon à ce qu’elles puissent agir comme elles auraient aimé qu’on agisse avec elles – ce qu’on appelle la règle d’or. Sur cette base, elles essaient toujours de faire de leur mieux pour les autres en tout temps. Les personnes bienveillantes ne sont pas, toutefois, des automates obéissants ou des personnes niaises. Elles équilibrent leur bonté de cœur avec l’étude et le discernement et elles ont le courage de faire des remontrances à leurs supérieurs s’il y a lieu. En aucune circonstance elles ne s’abandonneront à mal faire, ni ne donneront l’avantage au profit sur la vertu. La personne bienveillante est quelqu’un qui a surmonté l’égoïsme et qui, par son exemple personnel, instruit et inspire les autres. Confucius croyait que tout le monde avait la capacité d’être bienveillant, mais que peu de gens vivaient en accord avec leur potentiel – ou même essayaient de le faire. Mencius enseignait que les sentiments naturels de compassion que les gens éprouvent en face de la souffrance, particulièrement celle des enfants et des innocents, était la forme naissante de la bienveillance.


« L’honnête homme considère le bien universel et non l’avantage particulier, l’homme vulgaire considère l’avantage particulier et non le bien universel ». Confucius.


- yi (Équité, droiture)

Il s’agit de faire ce qui est juste et approprié du point de vue moral, peu importe les circonstances. La droiture est très fréquemment associée au courage puisqu’il n’est pas toujours facile de faire ce qui est juste.

la vertu qui consiste à savoir comment agir de façon appropriée en toute circonstance. La droiture consiste à avoir la maîtrise de soi pour résister à la tentation et la force d’âme d’accomplir son devoir. Prendre la défense de ce qui est juste implique aussi du courage. La droiture est surtout en rapport avec la préservation de sa propre intégrité. Mencius enseignait que le sentiment naturel de honte qu’éprouvent les gens quand ils commettent une mauvaise action est la forme naissante de la droiture.

« L’honnête homme envisage les choses du point de vue de la justice, l’homme vulgaire du point de vue de son intérêt ». Confucius.


- li (Rites, attitudes, bienséance, étiquettes)

Les rites avaient de l’importance parce qu’ils provenaient de l’âge d’or, c’est-à-dire une époque lointaine ou l a paix et l’harmonie régnait. Les pratiques tel que le culte des ancêtres, les rites mortuaires et les cérémonies sacrificielles servaient à consolider les 5 relations traditionnelles et aussi à plaire au ciel.
 

La vertu de bienséance (li) renvoie à la "bienséance rituelle". C’est la vertu selon laquelle on sait agir en accord avec les rites transmis depuis les temps anciens. Ces rites comprenaient les manières de Cour, la façon correcte d’accomplir les cérémonies comme les sacrifices au Ciel ou aux ancêtres, les funérailles, les noces, et les autres occasions, ainsi que les questions d’étiquette dans des situations sociales variées. Les rites gouvernaient les relations sociales ainsi que les obligations mutuelles, les responsabilités et gestes attendus entre les gens. Ils établissaient la norme, mais aussi les limites, de sorte que les gens pouvaient agir d’une façon qui était mutuellement bénéfique et non abusive. Confucius considérait les rites comme une partie intégrante de la culture, en même temps que la musique. Les rites orientaient la bienveillance et la droiture dans des voies précises et concrètes et affinaient le caractère. Confucius n’était cependant pas rigide à leur sujet. Il reconnaissait que les rites avaient changé avec le temps, depuis la dynastie Xia jusqu’aux dynasties Shang et Zhou. Il préférait qu’on use des rites simplement et avec des expressions sincères, et il approuvait les changements dans cet esprit. Cependant, il était préoccupé quand on permettait aux normes de glisser ou quand ceux qui n’avaient pas qualité pour accomplir certains rites ou d’initier des changements se permettaient de le faire. C’était là un signe de décadence et de désintégration sociale. Par dessus tout, il semblait à Confucius que la bienséance rituelle était enracinée dans les sentiments humains naturels et les relations mutuellement bénéfiques, et que le but était l’harmonie, à la fois avec soi-même et entre les gens, et, de façon ultime, entre le Ciel et la Terre et l’humanité. Mencius enseignait que le désir naturel d’être courtois et modeste est la forme naissante de la bienséance.


« La piété filiale et le respect des aînés est la racine de l’humanité ».


- zhi (Sagesse) 

Confucius insistait pour que l’éducation joue un rôle fondamental dans le développement de la société tout comme dans la formation de l’individu. Non seulement l’éducation offre un moyen et ouvre une voie pour assurer le règne de la vertu, mais elle peut aussi modifier la nature humaine et l’améliorer qualitativement. La sagesse ne consiste pas seulement à distinguer le bien du mal mais aussi de rester rationnel et sensé.

En un sens elle précède les autres car, sans sagesse, on n’aurait aucun sens de la morale, ou des qualités sociales, ou même, tout simplement, du sens commun évident que les autres vertus requièrent. La sagesse, cependant, n’est pas valorisée aussi haut que les autres vertus parce qu’on en parle parfois comme si elle ne s’appliquait qu’à ce qui est bon ou mauvais pour soi-même. En d’autres termes, celle-ci est la sagesse de l’intérêt personnel éclairé et non la conscience cosmique ou la connaissance ésotérique. Mencius enseignait que la capacité instinctive des gens de distinguer ce qui est juste de ce qui est mauvais est la forme naissante de la sagesse.


« Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu, quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez vous-même ». Confucius.


- xin (sincérité, fidélité)

Le Xin implique de rester loyal envers les personnes qui nous entourent. Il faut savoir faire confiance et aussi être digne de confiance, donc être honnête et intègre tout en respectant ses engagements.

Confucius a souvent fait l’éloge de cette vertu et il en parlait comme d’une vertu cardinale, avec celle qui consiste à faire de son mieux pour les autres. La loyauté ne signifie pas seulement être honnête et sincère, mais aussi être capable de mener sa vie en accord avec sa parole. La personne loyale est celle sur laquelle on peut compter en toutes choses. En une occasion, Confucius a affirmé que cette vertu était proche de la droiture. Dans une autre, il a déclaré qu’elle était le couronnement des autres.

« Examine si ce que tu promets est juste et possible, car une promesse est une dette ». Confucius



La pratique assidue des arts martiaux traditionnels permettent aussi de cultiver en profondeur quatre vertus supplémentaires, en plus des cinq nommé précédemment. Les voici, suivis de paroles à méditer… :
 

- Courage: 
« Le courage est dirigé vers la droiture ».
Confucius

- Fermeté: 
« Fermeté, décisions, simplicité et réflexion sont proches de la vertu suprême ». 
Confucius

- Maîtrise de soi: 
« L’archer est un modèle pour le sage. Quand il a manqué le milieu de sa cible, il en recherche la cause en lui-même ».
Confucius

- Diplomatie: 
« Appliquez-vous à garder le juste milieu »… « Tempérance et modération en toutes choses : qui évitent à la politesse d’être fastidieuse, à la prudence d’être peureuse, à la bravoure d’être violente où à la franchise d’être blessante ».
Confucius

Sources: http://www.nichiren-etudes.net/articles/confucius.htm  

 

 


Dessin des mains pour un simple salut tiré du site kungfu-paris.fr
 


Nous retrouvons aussi les vertus des arts martiaux dans un simple salut (représentation des 5 vertus, une pour chaque doigt de la main) :
 

 仁 L’Altruisme : Gentillesse, Bienveillance
 礼 L’Egard : Politesse
 义 L’Equité : Loyauté, Droiture, Justice
 信 Le Respect de la parole donnée : Confiance, Etre digne de foi
 勇 La Vaillance : Dévouement, Couragetes les vertus et les composants de Wu De dans une seule application. Pour appliquer Wu De dans notre vie quotidienne est d'être juste. Comme les artistes martiaux que nous devrions nous en tenir à un niveau très élevé de caractère et de mener nos affaires avec honneur.


* La liste des vertus martiales n'est evidemment pas exhaustive puisqu'elle varie aussi en fonction des ecoles et des pratiques...

 

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Rédigé par Kung fu Paris

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