Les catégories

Recherche

Les styles

zui quan.boxedelhommeivre


Zuì quán / 醉拳 "le poing ivre"
Le style de l’homme ivre est profondément ancré dans la culture chinoise. L’ivresse est un thème lié à la tradition Taoïste depuis l’antiquité qui connaissait une forme de danse de l’ivresse nommée ZUI WU (selon le JINBI SHILEI). La boxe de l’ivresse est signalée pour la première fois dans le QUANJING QUANFA BEIYAO un ouvrage rédigé sous les Ming (1368-1644) ou les Qing (1644-1912) qui transcrivent le chant des huit immortels ivres (ZUI BAXIAN QUANGE). En voici un court extrait:


 » A première vue, il semble ivre, mais en fait il est sobre ;
sous l’apparence de cette ivresse on discerne clairement l’état réel.Fusionnés, les 8 immortels ne deviennent qu’un.Réunis, leurs points forts et leurs faiblesses, leurs fermetés et leurs souplesses se complètent.
Il inspire, sur une expiration s’incline en arrière et tombe le dos à terre, serrant une jarre dans ses bras ;
Sous l’alcool, Han Zhongli exécute la danse de l’ivresse avec son éventail.
L’immortel ivre Guolao se déplace à califourchon sur sa mule montée à l’envers.
La tête lourde et le pas léger, il semble ivre comme s’il marchait dans la boue ;
Le troisième immortel Xiangzi joue de sa flûte de fer.
N’étant sûr ni de sa gauche ni de sa droite, ne faisant plus de différence entre le haut et le bas ;
Voilà le boiteux ivre, dit Li l’immortel à la béquille de fer.
Celui qui adore faire sonner ses castagnettes, l’esprit mélancolique ;
Cao Guojiu vêtu comme au petit matin exécute sa danse de l’ivresse. [...] « 

 

La boxe de l’ivresse est un style mimétique, comme les styles animaliers. Il s’agit à l’origine de simuler l’état d’ébriété et d’utiliser la souplesse et la décontraction pour combattre. Il existe différentes formes traditionnelles de boxe de l’ivresse: boxe des huit immortels ivres (zui baxian quan), boxe des ascètes ivres (zui luohan quan), boxe du fou ivre (zui dian quan), boxe du singe ivre (zui hou quan), boxe de la mante religieuse ivre  (zui tang lang quan)… Certains de ces styles comportent des armes comme le baton ivre (zui gun), le sabre ivre (zui dao), l’épée ivre (zui jian) et la lance ivre (zui qiang).

La boxe des Huit immortels ivres, qui est vraisemblablement la plus ancienne, mime les différentes attitudes qui caractérisent chacun des huit immortels ivres du panthéon taoïste. Chaque enchaînement a une spécificité martiale et caractérise l’immortel qu’il représente. Tantôt les mains et les coudes seront les parties du corps les plus utilisées, tantôt les pieds. La personnalité de chaque immortel donne à l’exécution des enchaînements un aspect théâtral, ce qui marque l’importance qu’ont nos huit personnages dans le folklore chinois.

On distingue clairement le handicap de l’immortel boiteux (Li Tieguai) qui se pratique en sollicitant surtout une jambe. Han Xiangzi fait mine de jouer de la flûte. La seule et unique immortelle du groupe (He Xiangu), dont la féminité est clairement exposée dans le taolu, utilise de nombreux déhanchements et une gestuelle typiquement féminine.
Malgré leurs différences, toutes ces formes ont en commun d’être très riches en techniques de saisies, de luxations des articulations (qinna) , de coup de coudes, de coups de pieds et balayages de toutes sortes. Des mouvements secs, rapides et précis succèdent à des moments de décontraction; le souple et le tonique  alternent comme l’ivresse et la lucidité. La pratique de la boxe de l’ivresse nécessite une préparation physique progressive pour les déplacements en déséquilibre (zui bu), les chutes sur le dos et de coté, les sauts…





Maître Zhang Kezhi Pour ce qui est de l’alcool proprement dit, il n’est pas nécessaire d’en boire pour obtenir une maîtrise parfaite de cet art. Un Maître de Zui Baxian Quan demande une fois à son disciple de pratiquer après avoir véritablement et volontairement pris de l’alcool pour expérimenter réellement la sensation de l’ivresse, mais il n’en fait en aucun cas une condition sine qua non, comme veulent bien nous le faire croire les deux films de Yuen Woo-ping (Drunken Master I et II). Jackie Chan y exécute avec beaucoup de talent  une boxe des Huits immortels ivres très proche de celle enseignée par Maître Zhang Kezhi (un des derniers grands spécialiste des styles traditionnels de l’ivresse).

Une légère ébriété procure une décontraction physique et un lâcher-prise autant au niveau gestuel que mental. Amplifié par l’ivresse, les mouvements exécutés précèdent souvent l’intention. L’ivresse noie la peur (mais rarement le chagrin), et développe la spontanéité. Le but est d’obtenir, de vivre cette « ivresse » sans absorption d’alcool. Lors de l’exécution des Taolu, on doit avoir, ce qu’en chinois on appelle la saveur de l’ivresse (wei dao).



Dans la boxe de l’ivresse traditionnelle les mouvements ont une signification martiale. Ceci fait toute la différence avec une exécution de la forme seulement esthétique comme on en trouve dans les formes modernes. Une exécution parfaite dans laquelle se manifeste la « force » (fa jing) et encore transmise aujourd’hui même si son développement est resté limité.



 


Publié dans : Les styles - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

*Maitre Wang Lang

 

La mante religieuse, insecte à la vitesse et à la force foudroyante, qui attaque avec ses pattes de devant et ses pinces coupantes comme des ciseaux, est mit en valeur dans le système Tang-Lang. Ce style de Kung-fu principalement externe (bien qu'il y ait des divergences internes dans le Liu he tang-lang quan (6 harmonies) est représentatif des arts martiaux et de la philosophie chinoises, c'est à dire de l'observation et l'analyse des animaux et de la nature, de leurs attitudes au combat pour les adapter à l'homme.

 

Bref aperçu historique et développement du style

Le tang-lang quan vit le jour au 17e siècle, à la fin de la dynastie Ming ;
durant cette période, les maîtres d'arts martiaux chinois réinventèrent les arts martiaux qui sous le coup de l'interdiction de leur pratique, avaient fini par ressembler à de la danse. Le style de la mante religieuse provient de la province du shandong au nord de la chine et fut crée par un moine nommé WANG LANG qui avait étudié la boxe au temps du shaolin du Henan.

Désavantagé par sa petite taille et malgré son application à l'entraînement, il ne parvint jamais à acquérir une efficacité effective avec les styles qu'il avait appris. La légende veut qu'il se soit mis à observer, alors qu'il se reposait sous un arbre après un dur entraînement, le combat entre 2 insectes, une grosse cigale et une mante religieuse. Bien que la mante fut bousculée et renversée par la cigale à plusieurs reprises, elle se rétablissait toujours et parvenait à infliger à chaque fois une nouvelle blessure à l'autre insecte qui finit par lui céder du terrain. Profitant de cette hésitation, la mante lui porta un coup fatal puis la dévora. Wang Lang saisi l'insecte et étudia tous ses mouvements pendant 3 ans. Malgré l'éfficacité des techniques de bras résultant de cette observation, il fut insatisfait de la coordination entre les poings et les pieds. C'est pour cela qu'il y incorpora les déplacements rapides du singe, créant ainsi le style du Tang lang Quan.

Quand Wang Lang commença à enseigner, il se rendit compte que cela lui prenait beaucoup de temps et qu'il ne pouvait enseigner à tous la même chose. Cela l'amena à diversifier son enseignement. Dés lors son style se divisa en deux branches :

La mante religieuse rapide ou style dur (Ing tanglang) ; ce sont les styles suivants, les 7 étoiles (qi xing),la fleur de prunier (mei hua), les huits pas (ba pu), la porte secrète (mi men) et l'anneau de jade (yu-huan) ;

La mante religieuse souple (jou tanglang), c'est à dire les 6 harmonies (liu he) ,la main de fouet (suai shou).

C'est ainsi qu'à la fin de la dynastie des Qing, un maître devint célèbre. Il se nomme Chun Hua Lung.
Il apporta des innovations en travaillant sur le déplacement, afin que les adversaires se trouvent plus près l'un de l'autre, et créa ainsi le système des huit pas "ba pu", par opposition au système des sept étoiles pratiqué jusque là. Leurs différences réside dans le travail des pieds et le pratiquant est, pour ainsi dire, collé à son adversaire, qui n'a plus d'espace vital.

Un certain Wei San développa, par ailleurs, le système de la mante religieuse, dît des six harmonies "liu he", pour accentuer l'énergie interne du style.
Le principe en est que les six fonctions du corps : les yeux, les mains, le corps, l'esprit, le Qi et l'âme doivent travailler en harmonie. Là encore, le pratiquant est collé à son adversaire dont il pressent les mouvements un peu comme dans le Taiji quan.

Il existe également un système dit Taiji tang lang quan qui est de création encore plus récente, dont les combattants sont féroces, répondant à courte distance aux attaques.
Les contre-attaques peuvent être mortelles.

Le système du Tang-Lang Quan convient à tous les types de morphologie et s'adapte en privilégiant telles ou telles techniques, selon les facultés et les dispositions de chacun.

 
Enfin il existe 3 ou 4 groupes de boxes différentes qui coexistent en Chine sous ce nom dont:<
- Un premier groupe au Nord crée au 17e siècle par Wang Lang
- Un 2e et 3e au Sud de la Chine
- Et enfin un 4e destiné aux démonstrations, inventé de toutes pieces il y a seulement quelques années.

Les boxes du Nord et du Sud ont des fondateurs totalement différents et appliquent des principes différents :
la boxe de Wang Lang utilise principalement la rotation des hanches et les boxes du Sud le mouvement en arc de la colonne vertébrale. Aussi la différence réside selon un vieux dicton chinois:
Pied du nord, poing du sud.

 

Principes et caractéristiques techniques

Quand Wang Lang codifia son style, il utilisa aussi les connaissances qu'il avait acquises par l'étude d'autres méthodes de Kung-Fu qu'il avait pratiquées étant jeune.
Il réunit les secrets du Tang-Lang en douze principes (shi er zi jue ou shi er gong) que nous pouvons retrouver aujourd'hui encore dans tous les styles, bien qu'interprétés de façons différentes.

De ces douze principes, les dix premiers proviennent de l'analyse des mouvements typiques de la mante religieuse, le onzième provient du style du singe et le douzième du style Tan Tui du nord de la Chine, province du Shandong, connu pour le grand travail de jambes qui le caractérise:


Tang lang Quan

En PINYIN

ou (crocheter), lou (saisir), Tsai (attirer), kwa (bloquer), chan (garderlecontact), tieh (lier), kao (appuyer), peng (trancher), nien (déborder), chien (esquiver), tiao (aller de l'avant), teng (désiquilibrer).

Les styles Ing tang Lang contiennent des déplacements rapides comme ceux du singe, des distances de combat et de frappe en distance longue et courte, puissants sans être tendus, souples sans être mous, rapides et précis, fermes sans être immobiles. Il s'agit de retenir et non de rompre la posture, de disperser et non de mélanger.

Le point important des styles de ing Tang-Lang est d'arriver à pouvoir faire passer une énergie tout en exécutant cinq coups. On appelle cela "ren wuh chuei : d'un souffle s'élèvent cinq fleurs de prunier "mei hua".

Dans les styles de Jou tang lang, le point important est de faire des mouvements souples et continus, d'exécuter jusqu'au bout sans briser le geste.

Le coeur avec la pensée, la pensée avec l'énergie, l'énergie avec la force du mouvement.
c'est l'union des 3 internes, les mains avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les bras , forment l'union des 3 externes. Les trois internes sont reliés aux trois externes dans une rotation continue (liu he tang-lang).

L'adversaire ne sait pas où je veux aller et je ne sais pas avec quoi je vais frapper...

 

L'enseignement au Wuguan

Tanglang Quan

A: Pratique fondamentale de la boxe de la mante religieuse.

B: Style Qixinq Tanglang: en plus du Bengbuquan et

des Trois Meihuaquan, il y a encore une vingtaine de Taolus.

C: Style Liuhe Tanglang; Canghua, Danchui,

Tiecha, Shuangfeng...



 


Publié dans : Les styles - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés