Le Tang lang Quan, la boxe de la mante religieuse

Publié le 23 Juin 2013

*Maitre Wang Lang

 

La mante religieuse, insecte à la vitesse et à la force foudroyante, qui attaque avec ses pattes de devant et ses pinces coupantes comme des ciseaux, est mit en valeur dans le système Tang-Lang. Ce style de Kung-fu principalement externe (bien qu'il y ait des divergences internes dans le Liu he tang-lang quan (6 harmonies) est représentatif des arts martiaux et de la philosophie chinoises, c'est à dire de l'observation et l'analyse des animaux et de la nature, de leurs attitudes au combat pour les adapter à l'homme.

 

Bref aperçu historique et développement du style

Le tang-lang quan vit le jour au 17e siècle, à la fin de la dynastie Ming ;
durant cette période, les maîtres d'arts martiaux chinois réinventèrent les arts martiaux qui sous le coup de l'interdiction de leur pratique, avaient fini par ressembler à de la danse. Le style de la mante religieuse provient de la province du shandong au nord de la chine et fut crée par un moine nommé WANG LANG qui avait étudié la boxe au temps du shaolin du Henan.

Désavantagé par sa petite taille et malgré son application à l'entraînement, il ne parvint jamais à acquérir une efficacité effective avec les styles qu'il avait appris. La légende veut qu'il se soit mis à observer, alors qu'il se reposait sous un arbre après un dur entraînement, le combat entre 2 insectes, une grosse cigale et une mante religieuse. Bien que la mante fut bousculée et renversée par la cigale à plusieurs reprises, elle se rétablissait toujours et parvenait à infliger à chaque fois une nouvelle blessure à l'autre insecte qui finit par lui céder du terrain. Profitant de cette hésitation, la mante lui porta un coup fatal puis la dévora. Wang Lang saisi l'insecte et étudia tous ses mouvements pendant 3 ans. Malgré l'éfficacité des techniques de bras résultant de cette observation, il fut insatisfait de la coordination entre les poings et les pieds. C'est pour cela qu'il y incorpora les déplacements rapides du singe, créant ainsi le style du Tang lang Quan.

Quand Wang Lang commença à enseigner, il se rendit compte que cela lui prenait beaucoup de temps et qu'il ne pouvait enseigner à tous la même chose. Cela l'amena à diversifier son enseignement. Dés lors son style se divisa en deux branches :

La mante religieuse rapide ou style dur (Ing tanglang) ; ce sont les styles suivants, les 7 étoiles (qi xing),la fleur de prunier (mei hua), les huits pas (ba pu), la porte secrète (mi men) et l'anneau de jade (yu-huan) ;

La mante religieuse souple (jou tanglang), c'est à dire les 6 harmonies (liu he) ,la main de fouet (suai shou).

C'est ainsi qu'à la fin de la dynastie des Qing, un maître devint célèbre. Il se nomme Chun Hua Lung.
Il apporta des innovations en travaillant sur le déplacement, afin que les adversaires se trouvent plus près l'un de l'autre, et créa ainsi le système des huit pas "ba pu", par opposition au système des sept étoiles pratiqué jusque là. Leurs différences réside dans le travail des pieds et le pratiquant est, pour ainsi dire, collé à son adversaire, qui n'a plus d'espace vital.

Un certain Wei San développa, par ailleurs, le système de la mante religieuse, dît des six harmonies "liu he", pour accentuer l'énergie interne du style.
Le principe en est que les six fonctions du corps : les yeux, les mains, le corps, l'esprit, le Qi et l'âme doivent travailler en harmonie. Là encore, le pratiquant est collé à son adversaire dont il pressent les mouvements un peu comme dans le Taiji quan.

Il existe également un système dit Taiji tang lang quan qui est de création encore plus récente, dont les combattants sont féroces, répondant à courte distance aux attaques.
Les contre-attaques peuvent être mortelles.

Le système du Tang-Lang Quan convient à tous les types de morphologie et s'adapte en privilégiant telles ou telles techniques, selon les facultés et les dispositions de chacun.

 
Enfin il existe 3 ou 4 groupes de boxes différentes qui coexistent en Chine sous ce nom dont:
- Un premier groupe au Nord crée au 17e siècle par Wang Lang
- Un 2e et 3e au Sud de la Chine
- Et enfin un 4e destiné aux démonstrations, inventé de toutes pieces il y a seulement quelques années.


Les boxes du Nord et du Sud ont des fondateurs totalement différents et appliquent des principes différents :
la boxe de Wang Lang utilise principalement la rotation des hanches et les boxes du Sud le mouvement en arc de la colonne vertébrale. Aussi la différence réside selon un vieux dicton chinois:
Pied du nord, poing du sud.

 

Principes et caractéristiques techniques

Quand Wang Lang codifia son style, il utilisa aussi les connaissances qu'il avait acquises par l'étude d'autres méthodes de Kung-Fu qu'il avait pratiquées étant jeune.
Il réunit les secrets du Tang-Lang en douze principes (shi er zi jue ou shi er gong) que nous pouvons retrouver aujourd'hui encore dans tous les styles, bien qu'interprétés de façons différentes.

De ces douze principes, les dix premiers proviennent de l'analyse des mouvements typiques de la mante religieuse, le onzième provient du style du singe et le douzième du style Tan Tui du nord de la Chine, province du Shandong, connu pour le grand travail de jambes qui le caractérise:


Tang lang Quan

 

En PINYIN

ou (crocheter), lou (saisir), Tsai (attirer), kwa (bloquer), chan (garderlecontact), tieh (lier), kao (appuyer), peng (trancher), nien (déborder), chien (esquiver), tiao (aller de l'avant), teng (désiquilibrer).

Les styles Ing tang Lang contiennent des déplacements rapides comme ceux du singe, des distances de combat et de frappe en distance longue et courte, puissants sans être tendus, souples sans être mous, rapides et précis, fermes sans être immobiles. Il s'agit de retenir et non de rompre la posture, de disperser et non de mélanger.

Le point important des styles de ing Tang-Lang est d'arriver à pouvoir faire passer une énergie tout en exécutant cinq coups. On appelle cela "ren wuh chuei : d'un souffle s'élèvent cinq fleurs de prunier "mei hua".

Dans les styles de Jou tang lang, le point important est de faire des mouvements souples et continus, d'exécuter jusqu'au bout sans briser le geste.

Le coeur avec la pensée, la pensée avec l'énergie, l'énergie avec la force du mouvement.
c'est l'union des 3 internes, les mains avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les bras , forment l'union des 3 externes. Les trois internes sont reliés aux trois externes dans une rotation continue (liu he tang-lang).

L'adversaire ne sait pas où je veux aller et je ne sais pas avec quoi je vais frapper...

 

L'enseignement au Wuguan

Tanglang Quan


A: Pratique fondamentale de la boxe de la mante religieuse.

B: Style Qixinq Tanglang: en plus du Bengbuquan et

des Trois Meihuaquan, il y a encore une vingtaine de Taolus.

C: Style Liuhe Tanglang; Canghua, Danchui,

Tiecha, Shuangfeng...



 

Rédigé par Alexis

Publié dans #Les styles

Commenter cet article