Mont E-Mei

Publié le 31 Mai 2013


Historique

Le mont E-mei (Emeishan) est l'une des trois montagnes réputées en Chine pour ses arts martiaux ; les deux autres sont le mont Song (Songshan) dans la province du Henan, qui est le berceau de l'école Shaolin et du bouddhisme Zen, et le mont Wudang (Wudangshan) dans la province du Hubei, réputé pour ses styles internes.

Le Emeishan est également l'une des quatre principales montagnes "bouddhistes" avec le Wutaishan, le Putuoshan, et le Jiuhuashan. Situé dans la province du Sichuan, il est réputé avoir été un sanctuaire bouddhiste et taoïste : des temples taoïstes y furent construits lors de la dynastie des Han (-200) ; le Bouddisme s'y répandit à son tour au cours de la dynastie des Tang (800). Les moines qui vivaient là en harmonie développèrent au cours des siècles des arts martiaux particuliers, pour la plupart restés confidentiels.

Les méthodes développées sur le mont E-mei ont pris le nom générique de E-Mei Pai ("école du E-Mei") ou E-Mei Quan (O Mei Chuan en transcription Wade, "boxe du E-Mei). Ces systèmes alliaient les principes "externes" et "internes", ainsi que les conceptions taoïste du Wudang Pai et bouddhiste du Shaolin Pai. Des militaires et des gardes du corps venaient là les apprendre, et développaient ensuite leurs propres méthodes. Un grand nombre de ces styles cachés n'étaient enseignés qu'aux membres de certaines familles ou certaines clans, et finirent par disparaître, n'étant pas diffusés hors de la région. On dit néanmoins que quelques uns de ces styles subsistent toujours, sur la montagne ou aux alentours.

 

Styles

Certains estiment le nombre de styles originaires du mont E-mei à 200. De nos jours encore, des méthodes de combat continuent à se propager dans le Sichuan, comme par exemple le Bajiquan apporté par le maître Wang Su-Tan du Hebei, style qui a été depuis adopté par plusieurs experts du Emeishan. De plus, ont été incorporés à la tradition du E-mei les styles originaires de la province, tels que le Zhong Qigong des douze postures, ou encore le Ziran Men.

On dit que la boxe du E-mei peut être divisée en 5 pai ("écoles" ou "systèmes") et 8 men ("portes", en fait une école ou une lignée spécifique) : Huangling Pai ("Vêtements de l'empereur"), Dianyi Pai ("Point"), Qingchen Pai (du nom d'un lieu), Tiefo Pai ("Bouddha de fer"), Qingniu Pai ("Vache noire"), Zhen Men ("Moine"), Yue Men (du nom du général Song Yue Fei), Zhao Men, Du Men, Hong Men ("Rouge"), Hua Men, Zi Men, Hui Men.

L'école E-mei est également réputée pour sa méthode de l'épée, ses boxes des clans Sun et Du, son Huolong ("Dragon de feu") et ses boxes du singe et de l'aigle.

Une classification rattache les styles suivants à la tradition du E-mei :

  • Serpent du E-mei : il en existe trois enchaînements, le premier mettant l'accent sur les Qinna et l'attaques des points de pression, le second sur la lutte, et le troisième sur les techniques de frappe. Ces formes furent enseignées par le moine Xu Kun à Liang Zhi Xiang notamment. La "Boxe du cobra tibétain", une méthode de combat au sol, est aussi un style de boxe du serpent du E-mei, qui appartient au Dao Qi Quan de la famille Li et fut développé par Lama Zurdwang près du mont E Mei.
  • Pak Mei Kuen
  • Dragon du E-mei : il en existe plusieurs formes, le Dragon Vert du moine Dan Zhen de la grotte Chunyang au mont Qingcheng ; le Dragon tournoillant du Palais de l'enveloppe verte à Chengdu, le Dragon noir du prêtre Ji Shan du temple Fuhu, le Dragon de la fleur de prunier de la nonne Wu Mei, le Dragon de feu des moines taoïstes Shen Deng et Qing Xu, le Dragon doré.
  • Tigre du E Mei : on trouve la forme du Tigre affamé arrachant sa nourriture, celle des 5 Tigres, celle du Tigre rugissant, celle du Tigre noir, celle de la Patte du Tigre, celle de Fuhu, celle du Tigre Blanc...
  • Wu Ji : forme douce d'inspiration à la fois taoïste et bouddhiste. Elle comporte deux enchaînements, l'un qui développe la puissance et le jin explosif, l'autre étant semble-t-il perdu.
  • Etres féériques de l'épée d'E-mei : branche fondée par Hui Yun et basée sur le Xiu Sheng Shu (l'art de vivre et de l'amélioration de l'essence). Elle comporte de nombreux exercices de Qigong, d'enchaînements de poings et d'enchaînements avec armes.
  • Ba Gua Zhang du E-mei : système controversé. Certains prétendent qu'il n'y a pas de Bagua originaire du E-mei, mais simplement le Bagua que Dong Hai Chuan développa à Beijing et qui fut importé au mont E-mei. D'autres disent que le maître taoïste de Dong était membre des Taoïstes de la Porte du Dragon, une secte qui possèdait une branche à E-mei, et qui avait  développé une marche méditative en cercle basée sur le Yijing. Dans tous les cas, on trouve à E-mei les formes suivantes de Bagua Zhang : Shengmen Baguazhang ("Bagua de la Porte de la Création"), basé sur l'utilisation du yi (concentration de l'esprit) et de la théorie du yijing ; Sengmen Baguazhang ("Bagua de la Famille des Moines"), dite Branche Bouddhiste car originaire de Shaolin ; You Shen Baguazhang ("Bagua du corps nageant"), dont le pratiquant le plus célèbre était le moine Li Zhangye ; Emei Jiulong Baguazhang ("Ba Gua des neuf dragons"), qu'on dit avoir été créé par Li Ching Yuen de la famille Li, alors qu'il vivait dans la région du mont E-mei.

source : "Emei Wushu by Liang, Shouyu & Troy Kuan", Dr Painter (IAM - 1991).


Une autre classification répertorie 7 catégories de styles appartenant à l'école E-mei :

  • Dragon de feu : il existe plusieurs versions quant à l'origine de cet art. L'une d'elles veut qu'il fusse fondé par la fille du dernier empereur Ming, en collaboration avec Gu Tinglin ; une deuxième la dit issue de l'observation par un vieux maître taoïste, qui vivait près du temple Wan Nan, d'un combat entre deux grands singes (ou entre un singe et un serpent) dans les montagnes E-mei ; une troisième fait d'un vieux moine d'un temple bouddhiste du E-mei l'utilisateur triomphant de cette méthode pour repousser des soldats Qing. Un enchaînement de Boxe du Dragon de feu consiste en 160 mouvements, faits de rotations rapides de la taille et des hanches et de déplacements vifs. On se sert de l'index et du majeur, renforcés par des exercices au sac de sable, pour frapper les points vitaux du corps.
  • Dragon : la Boxe du Dragon du E-mei, qui imite les attitudes du dragon et se base sur des mouvements solides et fermes, est totalement différente de la Boxe du Dragon de feu qui s'inspire en fait peu de cette créature.
  • "L'épée" du E-mei : cette boxe doit son nom au fait que le pratiquant exécute l'enchaînement entier d'exercice avec les majeurs et index des deux mains pointant vers l'avant. Il n'y a pas de saut, mais on se projette souvent en avant pour porter des attaques surprises sur les points vitaux, après avoir effectué une série de mouvements trompeurs.
  • Baziquan : Bazi était un état qui existait il y a 2000 ans à l'est de la province du Sichuan, où cette boxe fut longtemps populaire. Un enchaînement de Boxe de Bazi est court mais vigoureux, les mouvements sont de faible amplitude. La posture est naturelle, et l'action des bras est accentuée par une rotation des hanches.
  • Ziwuquan : La Boxe de Ziwu fut fondée par Shendeng, un moine éminent des montagnes E-mei, qui la pratiquait à minuit (Zi) et midi (Wu). Dans cette méthode on cherche à atteindre la ligne centrale du corps adverse, et à défendre la sienne.
  • Meihua Quan du E-mei : Cette Boxe de la fleur de prunier fut élaborée par Zhao Beitao à partir d'une synthèse de plusieurs styles ; on dit qu'il passa un hiver entier à pratiquer sous un prunier avant de parvenir à la mettre au point, d'où son nom. L'enchaînement comprend plus de 100 mouvements, qui sont distinctivement de nature offensive et défensive.
  • Cinq Tigres : Cette boxe se base sur cinq postures d'un tigre. Un enchaînement contient 60 mouvements principaux, exécutés avec beaucoup de vigueur et de rythme.


Le Zhao Men se compose notamment des :

  • Qixingquan : poing des 7 étoiles
  • Yanqingquan : poing de Yan Qing
  • Bawongquan : poing du chef suprême
  • Meihuaquan : poing de la fleur de prunier
  • Wuhuquan : poing des cinq tigres
  • Hehuquan : poing du tigre noir


Article tiré du site http://perso.orange.fr/artsguerriers/

Rédigé par Alexis

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