Le Wing chun (Wing Tsun)

Publié le 24 Juin 2013

Le Wing chun (Wing Tsun)



Le Wing Chun Kung Fu fait parti d'un des grands styles de Kung Fu qui tirent leurs racines des temples Shaolin (école de Weija).

 

Il y a environ deux cents ans, vivait en Chine une jeune femme d'une grande beauté qui s'appelait Yim Wing Chun. Son nom lui allait admirablement puisqu'il signifiait 'jolie printemps'. Elle était la fille d'un épicier, qui vendait des bottes de haricots sur un étal du marché. Elle était fiancée à l'homme qu'elle aimait, Leong Bok Chao. Son père, cependant, ne pouvait s'empêcher de se vanter de sa beauté et de sa douceur.

Un jour, la nouvelle de cette beauté parvînt jusqu'aux oreilles d'un infâme seigneur de guerre de la province de Yunan. Il séjourna dans sa ville et, après l'avoir aperçue, ressentit immédiatement le désir de la posséder. Comme le ferait un malfrat, il décida d'y parvenir par la force. Il ordonna au père de Wing Chun de venir à son camp et lui dit qu'il devait lui donner sa fille en mariage sans quoi il les tuerait tous les deux.

Le père, le coeur plein de colère et de confusion, horrifié par les tactiques cruelles du seigneur, quitta le campement et retourna chez lui pour révéler son destin à sa fille bien aimée. Il semblait n'y avoir aucune alternative puisque le coquin était bien connu pour sa brutalité et sa puissante bande de malfrats.

De retour, le père appela sa fille et lui exposa l'ultimatum du seigneur guerrier.

"Ton nom sera honoré dans notre famille et tu seras estimée comme un ancêtre révéré", lui dit-il, cherchant ses mots pour rendre la situation plus acceptable. "Qui sait, tu es peut-être capable d'adoucir le coeur de ce seigneur et de préserver ta vie de femme par la prière si tu ne peux le faire par l'amour que tu portes à Leong Bok Chao."

La jeune fille fût d'abord simplement choquée et ne posa pas de question, mais, bientôt, son esprit plein d'imagination fomenta d'impossibles plans pour s'échapper. Elle resta dans une sorte de sourde résignation. Cependant, Date, le Tao, Kimset ou toute autre force qui dicte les moments de chance qui arrivent dans notre vie, intervint. Alors qu'elle travaillait à l'étal, elle rencontra une none Shaolin, Ng Mui. La none demanda à la jeune fille ce qui la tracassait et bientôt Wing Chun se confia à elle.

Ng Mui était une none Shaolin qui avait vécu depuis de nombreuses années dans le grand temple du sud de Fukien. Quelques années plus tôt, ce refuge pour la vie comtemplative avait été détruit durant une rébellion contre la dynastie Manchu. Ng Mui était une des rares rescapés de cet holocauste. Elle était une adepte des arts du combat Shaolin du Dragon et de la Grue. Ces arts avaient été développés pour permettre aux moines et aux nones de se protéger eux-mêmes des animaux sauvages et des bandits qui voudraient chercher à détruire la voie pacifique de l'Ordre Shaolin.

Quand Ng Mui entendit le dilemme auquel était confrontée Wing Chun, la none se mit à méditer en cherchant une solution qui, en accord avec les principes de Shaolin, causerait le moins de douleur et le moins de peine à tous. Comment éviter que le sang coule? Comment éviter à la jeune fille de devenir un sacrifice aux apétits lubriques du seigneur guerrier?

"Où est ton fiancé?" demanda finalement Ng Mui en ouvrant les yeux.

"Il est en voyage dans le sud, à Fukien, et il a été retardé par les troubles civils qui ont causé l'incendie de ton temple" lui répondit Wing Chun en secouant la tête et en portant la main à son coeur. "Il n'y a pas moyen de le rejoindre à temps, et même si je le pouvais, je ne pourrais empêcher par moi-même que le seigneur guerrier le tue. Aujourd'hui j'ai peur qu'il tente de venir me sauver quand il apprendra ce qui m'arrive, qu'il meure et que mon père meure à son tour."
"Il y a peut-être une solution pour éviter toutes ces morts et tout ce gachis" dit calmement la none. "Cela demandera beaucoup de courage de ta part. Si nous pouvons retarder ton mariage avec le seigneur, je peux t'apprendre comment le vaincre dans un simple combat à main nue. Premièrement, voudrais-tu te trouver dans un combat face à lui?" lui demanda-t-elle.

"Peut-être ferais-je mieux de mourrir plutôt que d'autres meurent à cause de moi. Par contre, ça vaut la peine d'essayer au moins quelque chose."

"C'est bien. Maintenant nous devons trouver un stratagème pour retarder la demande du seigneur pour une année puis piquer son orgeuil en lui annonçant que tu as promis de ne jamais te marier à un homme qui ne réussirait pas à te vaincre au combat. Etant un fanfaron vaniteux, il ne voudra pas paraître avoir peur de toi et acceptera le duel. Ton père doit dire au seigneur que tu as consenti à sa demande mais doit lui demander un délai tandis qu'une lettre sera envoyée à Leong Bok Chao pour officialiser l'annulation de vos fiancailles. Comme le pays est dans un grand tourment, une année n'est pas une durée irraisonnable." expliqua la none. "Il fera aussi croire que les préparatifs d'une telle cérémonie sont longs."

Tout se passa exactement comme la none l'avait prédit. Le seigneur guerrier accepta de retarder le mariage d'un an, certain de posséder Wing Chung passé ce délai.

Wing Chun et Ng Mui quittèrent la ville pour le temple Pah Noh, lieu d'entrainement des nones. Ng Mui entraîna la jeune femme tous les jours pendant un an aux techniques Shaolin de combat à main nue, se concentrant sur ce qui était le plus direct, efficace et utile aux femmes. Elle lui appris comment neutraliser n'importe quel coup. Elle lui montra comment rediriger la force de l'adversaire de façon à ce que plus le coup envoyé est violent plus dévastateur est celui retourné.

L'année passa et les deux femmes retournèrent à la ville. Maintenant la seconde phase du plan allait se mettre en route lorsque le père irait trouver le seigneur pour lui annoncer que sa fille ayant étudié le Kung Fu depuis son enfance se sentirait humilée si elle se mariait avec un homme qui ne serait pas son égal au combat.

Le seigneur accepta le duel, rit et proféra des propos insultants.

"Une femme d'esprit est plus intéressante à apprivoiser" ricana-t-il.

Le jour du duel, la promise, pleine d'espoir et magnifiquement couverte de soie, marcha jusqu'à la place du village, prête à infliger une humiliation publique à son fiancé auto-proclamé. Wing Chun fit un pas en avant. Elle était vêtue d'un pantalon et d'une tunique noirs et discrets. Le seigneur, criant à son entourage, fonça agressivement sur Wing Chun, dans l'intention de l'assommer avec ses coups de poings. Elle esquiva son attaque et retourna sa force contre lui, le mettant à terre. Il se releva et l'attaqua une nouvelle fois. Plus il l'attaquait violemment plus elle le frappait durement en retour. Finalement, meurtri et ensanglanté, il s'éloigna en rampant de la jeune femme qui avait à peine bougé de sa position initiale. Humilié et vaincu, il fut renié par les siens.

La jeune femme victorieuse quitta la ville avec Ng Mui pour le temple Kwon How dans la province de Kwantung où elle attendit l'arrivée de son fiancé Leong Bok Chao. Là ils célébrèrent leur mariage longuement retardé, avec la bénédiction de Ng Mui. Quelques années plus tard, Wing Chun expliqua à son mari ce qu'elle avait appris, et à son tour, il transmis aux autres ce noble art de vivre, maintenant appelé Wing Chun en l'honneur de la courageuse jeune femme qui l'a utilisé la première, capable, pour le bonheur, de prendre tous les risques.

 

Rédigé par Alexis

Publié dans #Les styles

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kier 18/05/2007 02:36

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